RIPOSTONS AUX ATTAQUES CONTRE LES FEMMES

Déclaration émise à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2018

par le Bureau du président de la Ligue international de lutte des peuples

le 8 mars 2018

Les premières manifestations pour souligner la Journée internationale des femmes travailleuses (JIFT) ont été organisées par des mouvements socialistes en 1911, mettant de l’avant les revendications fondamentales des femmes, c’est-à-dire la fin de la guerre impérialiste et l’arrivée au pouvoir d’authentiques gouvernements populaires, capables d’assurer les besoins fondamentales : du pain, des emplois, la paix et la liberté. Les organisations féminines populaires exigeaient l’abolition du capitalisme et de l’esclavage salarié des travailleurs, en même temps que l’émancipation des femmes par l’instauration de l’éducation socialisée, de soins aux enfants et de programmes universels de santé.

La Ligue internationale de lutte des peuples (LILP) se joint à tous les mouvements et associations membres de la LILP et à tous les mouvements sociaux qui œuvrent pour la libération nationale et sociale, et lance, conjointement, un appel à célébrer la Journée internationale des femmes travailleuses de 2018, revendiquant ainsi la fière tradition des JIFT pour la réalisation de l’aspiration encore inachevée de libérer véritablement les femmes et les peuples des griffes de l’exploitation impérialiste et capitaliste.

demo Berta Caceres
Justice pour Berta Caceres (Honduras)!!

Il y a un siècle, les contradictions fondamentales avaient entrainé des guerres inter-impérialistes entre d’anciennes puissances coloniales et de nouvelles pour le contrôle de territoires nouvellement occupés et conquis. Les puissances essayaient ainsi de sortir de la crise de surproduction de biens et de la croissance ralentie de la consommation par les travailleurs. Or ces guerres, en plus de se poursuivre aujourd’hui, sont encore plus féroces et dévastatrices. Tandis que les impérialistes étasuniens tentent désespérément de maintenir leur hégémonie mondiale, de nouveaux rivaux, la Chine et la Russie, s’apprêtent à arracher des régions à leur influence et à établir leurs propres blocs et partenariats de libre-échange.

Les politiques économiques néolibérales de ces rivaux impérialistes, qui visent à forcer les pays faibles et pauvres à rester des exportateurs de matières premières et des acheteurs de produits finis, ont un impact catastrophique sur le bien-être des femmes et des enfants. Les accords de libre-échange détruisent la sécurité alimentaire des pays producteurs, obligent les gouvernements fantoches qui en sont les clients à éliminer les mesures de protection de la main-d’œuvre et de protection sociale des femmes et augmentent les prix de la nourriture, du logement, des soins de santé et de l’éducation. Même dans les pays capitalistes avancés, les pauvres ne sont pas épargnés par les programmes d’austérité basés sur les ajustements structurels, qui ont réduit les allocations et les pensions en matière de santé et de services sociaux.

La doctrine néolibérale est, d’autre part, liée à la volonté des États-Unis et des autres puissances impérialistes de fomenter des rivalités et des guerres régionales, causes de catastrophes environnementales, de prostitution et de crimes de guerre à l’égard de femmes et d’enfants. Au cours de la dernière décennie, les États-Unis ont procédé à des changements violents de régime, causant des crises massives de réfugiés et de migrants au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Amérique latine.

Dans tous les pays renaissent des mouvements ouvertement fascistes, chauvins et nativistes. Ils préconisent l’éradication des réformes tant nominales que réelles pour les femmes. L’ascension de Trump a entraîné le recul des gains de santé pour les femmes. La lutte pour les droits des femmes est également criminalisée dans certaines parties de l’Asie du Sud et de l’Afrique. Des régimes clients, en Turquie et aux Philippines, adoptent les positions des mouvements misogynes tout en visant à rétablir la loi martiale ou des gouvernements d’état de siège et de lois de sécurité nationale, fortement imprégnés de violence militariste contre les femmes. Partout dans le monde, les femmes sont la cible d’attaques directes, et surtout par des forces antidémocratiques.

manif Palestine
Libérez les prisonnières politiques palestiniennes! Libérez tous les prisonniers politiques palestiniens!

Depuis la célébration de la première Journée internationale des femmes, les tenants du néolibéralisme cherchent à affaiblir le mouvement social des femmes par la diffusion d’un féminisme néolibéral, pour essayer de convaincre les femmes que les problèmes fondamentaux peuvent être résolus par des mécanismes tels que des systèmes de microfinance, des pseudo-coopératives et des programmes d’appui. Or dans de nombreux pays du monde, ces programmes ont créé des conflits au sein des familles et détruit l’unité au sein des communautés.

Pour faire face à tous ces défis, les mouvements de libération nationale et sociale doivent poursuivre leur travail d’organisation des femmes et développer la solidarité régionale et internationale contre la violence toujours croissante engendrée par la crise de l’impérialisme. Les personnes qui ont le plus défendu, organisé et mobilisé les mouvements de libération des femmes ont toujours souligné l’importance pour les femmes et les hommes de lutter ensemble afin d’être capables de vaincre les superpuissances militaires et leurs marionnettes locales et d’établir des systèmes économiques justes qui conduiront à la véritable libération des femmes.

Nous célébrons les victoires éclatantes remportées par les femmes peshmergas et kurdes, qui combattent avec dignité les mercenaires qui, par procuration, essaient d’arracher des hégémonies régionales. Nous appuyons les luttes des femmes indigènes des forêts tropicales amazoniennes contre les sociétés minières. Nous développons la solidarité envers les femmes rohingya et lumad, de Birmanie et des Philippines, qui risquent d’être exterminées respectivement par les despotes Aung Saan Su Kyi et Rodrigo Duterte. Alors que nous célébrons la Journée internationale des femmes, nous réaffirmons nos différents engagements, celui de vaincre le Partenariat transpacifique ressuscité (PCTAC) et la zone de libre-échange du Partenariat économique régional élargi (RCEP), d’appuyer les travailleuses du vêtement du Cambodge et les agricultrices de l’Inde, qui luttent contre les effets locaux des sociétés multinationales, entre autres.

Les peuples sont constamment attaqués, et les femmes sont constamment la cible de ces attaques. Que devons-nous faire face à cela? Nous devons riposter à ces attaques. La Ligue prévoit que ces crises internationales ne pourront que s’aggraver et finiront par se transformer en guerre ouverte. Tout comme les femmes qui nous ont précédés et guidés, Rosa, Clara, Kroupskaïa, Angela et Leila, qui affirmaient que le pouvoir des femmes et des peuples réside dans l’unité face aux fauteurs de guerres, aux tyrans et aux dictateurs, nous avons décidé de forger une plus grande unité, en organisant et en mobilisant nos forces par des analyses concrètes et par des appels justes, qui nous permettront de remporter des victoires locales jusqu’à l’émancipation globale et finale.

Vive la solidarité internationale!

Chaque année, les célébrations de la Journée internationale des femmes travailleuses doivent orientent nos luttes vers la véritable égalité et l’émancipation et la libération des griffes de l’impérialisme!

affiche fdo-wdo 8 mars 2018
Affiche, 8 mars, 2018, Femmes de diverses origines, Montréal, Québec

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